L’éducation canine en positif

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Ces derniers temps, je vois sur les pages des éducateurs canin utilisant ventant l’éducation positive comme la meilleure façon d’éduquer un chien. Le plus curieux est qu’en de nombreuses occasions, ils défendent une éducation positive alors qu’en fait ils ne la pratiquent pas. Cela semble juste mieux pour les non-initiés, même s’ils ne réalisent pas les implications théoriques d’un tel entraînement.

Qu’est-ce qu’une éducation positive ?

Précisons d’abord ce que l’on entend par éducation positive car elle peut conduire à des malentendus en termes d’apprentissage des animaux. Le concept de « positif » a été inventé autrefois pour le différencier de l’entraînement plus ancien basé sur la force, la domination et la correction du comportement par la punition.

La difficulté de définir correctement la formation positive est qu’il n’y a pas de consensus théorique parmi ceux qui prétendent la pratiquer. Pour certains, il s’agit d’une forme de dressage basée uniquement sur la récompense des comportements souhaités et l’évitement de tout stimulus négatif pour le chien. Cette façon de voir l’entraînement, sans doute bien appelée « en positif », est extrêmement simpliste et ne vise qu’à obtenir des comportements, pas à obtenir un chien sain et équilibré.

Les dresseurs ayant une formation théorique plus sérieuse définissent la formation en positif comme un mode d’entraînement où le bien-être du chien prévaut et où aucune correction de comportement n’est apportée par une punition positive (application de stimuli négatifs pour réduire l’apparition de ce comportement). Cela ne signifie pas que la punition n’existe pas comme moyen de corriger un comportement indésirable. Dans l’éducation positive, on suppose la nécessité d’une punition négative (retrait du renforcement qui maintient un comportement pour réduire l’apparence de ce comportement).

En utilisant un exemple pour clarifier les concepts, la punition positive serait de :

gifler le chien s’il vous mord fort en jouant

et la punition négative serait :

d’arrêter de jouer avec le chien lorsqu’il le fait.

Dans les deux cas, la probabilité que le chien vous morde fort diminue, mais dans le premier cas, il arrêtera par peur d’être blessé et dans le second cas, parce qu’il veut continuer à jouer avec vous. Le concept est radicalement différent et c’est ce que préconise l’éducation positive : ne pas recourir à la peur pour provoquer le changement.

De cette manière, une relation est créée qui ne repose pas sur la peur de l’échec, le pilier sur lequel la formation est basée depuis de nombreuses années. Au lieu de la peur de l’échec, elle crée une relation avec le maître-chien dans laquelle le chien ressent la satisfaction d’accomplir la tâche correctement avec plus de sécurité et de confiance. Si vous cherchez un éducateur canin dans le var n’hésitez pas à contacter Frédérique O’Driscoll.

Erreurs fréquentes dans l’éducation positive

De mon point de vue, cette formation a inventé des termes d’apprentissage animal qui peuvent prêter à confusion. En disant « en positif », il semble que le chien soit continuellement récompensé pour son comportement correct et qu’à aucun moment il ne puisse être corrigé ou que des stimuli négatifs soient utilisés pour apprendre. La vérité est que l’entraînement positif tente d’apprendre au chien à bien faire les choses au lieu de corriger continuellement ses erreurs, mais cela ne signifie pas que tout se fait par l’application de récompenses.

La grande erreur de considérer l’éducation positive est de comprendre que seuls des stimuli positifs sont appliqués au chien (ils interprètent cela comme une éducation basée sur la distribution de saucisses). C’est ce que l’on peut voir dans la plupart des pages d’éducateur canin qui défendent ce concept : en positif. Il s’avère ensuite qu’ils utilisent la laisse pour corriger leur comportement en tirant sans savoir que cette méthode est basée sur la punition positive (application d’un stimulus négatif = tirer).

Stimulations positives et négatives

La vérité est que pour qu’un chien acquière des compétences suffisantes en matière de gestion des émotions pour devenir un adulte équilibré, il doit apprendre à gérer les stimuli négatifs et positifs. Par conséquent, les stimuli négatifs lors de l’entraînement sont tout aussi importants, sinon plus, que les stimuli positifs, car ils apprennent au chien à se gérer émotionnellement et à devenir plus résistant et confiant.

Nous ne pouvons pas avoir un chien qui n’est jamais confronté à des situations de signaux négatifs pendant la formation car dans la vie réelle il ne saura pas se gérer avant ce type de situations. C’est donc à nous que revient la tâche d’apprendre au chien, au cours de son entraînement, à résoudre des situations stressantes, qui seront toujours vécues comme négatives par le chien et dont il tirera de grandes leçons : il apprendra à se gérer émotionnellement, à ne pas avoir peur d’être blessé. La seule chose à prendre en considération est de proposer des problèmes que le chien peut résoudre.

Par conséquent, la formation positive existe, mais de mon point de vue, la terminologie est déjà obsolète, de plus, elle conduit à des malentendus. Il est vrai que la relation avec le chien doit être le pilier sur lequel repose l’éducation, mais il est également vrai que nous devons étendre le concept « en positif » afin d’avancer et de lutter contre les contradictions terminologiques qu’il implique. De plus, l’application de stimuli négatifs ou l’utilisation de structures en négatif pour que le chien apprenne donne de grands résultats dans la formation et en même temps elle provoque des discussions théoriques d’une grande importance pour avancer dans cette science nouveau-née qu’est l’éducation des chiens.

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